2 – Des questionnements texte de Agnes Beaumont

André Breton avait défini « L’amour fou », par cette phrase devenue célèbre : « Je m’étais perdu à moi-même, et tu es venue me donner de mes nouvelles ».

Je choisis de laisser l’amour fou à André Breton pour ne garder que l’espace particulier où un changement s’opère grâce à la perspective de  » me donner de mes nouvelles« . Un changement devenu possible par une présence extérieure à soi.

En va-t-il ainsi du langage du corps et du langage des mots  en g.h.?

Nous savons que le corps « donne de ses nouvelles » dans chaque expérience de mouvements en gh. Nous pouvons le constater par l’observation. De son côté, lors des temps d’écriture qui suivent les séances de g.h., la mise en mots amène à une expérience corporelle plus distanciée. Pour autant est-elle plus « efficiente » pour le corps ? Nous pouvons en avoir l’intention. Alors, est-ce possible, voire vérifiable, que l’écriture donne aussi au corps « de ses nouvelles » tout en « lui parlant de lui » ?

Comment rendre cette part d’intuition observable ?

En quoi l’écriture, acte d’encrage devient par intention un acte d’ancrage en g.h.?

Certes, l’écriture est une énergie universelle d’une puissance incroyable. Dès lors que les mots parlant des perceptions corporelles s’écrivent, ce qui transparaît, c’est la stratification interne liée au vécu émotionnel. Or, ce vécu là passe par des perceptions sensorielles essentielles enregistrées au plus profond du système nerveux cognitif sensoriel.

Le questionnement en tant qu’acte d’ancrage relève-t-il plus de la force de l’intention ou de l’intuition de chacun de par son usage des mots ?

Tout en laissant cette série d’interrogations en suspend pour l’instant, voici quelques illustrations de questionnements issus de la pratique et placés au cœur des mémoires de praticiens g.h.:

– « En quoi la mise en mouvement proposée par la gh révèle les espaces conflictuels du corps ? » N.

– « Comment découvrir de la liberté de mouvement à partir de l’expérimentation des contraintes ? » C.

– «En quoi les forces antagonistes mises à jour dans l’expérience corporelle amènent-elles  à la confiance ? Chr. S.

– «En quoi le corps m’apprend la nécessité d’un ancrage au quotidien ? L.

– «  Comment le voyage intérieur initié par les mouvements de la gh peut enrichir ma présence au monde ? » M.

– «  Comment le mouvement par la pratique de la gh peut prévenir les risques sanitaires de salariés sédentaires ? » J.

– « En quoi la pratique de la gh peut-elle apporter des réponses à des interrogations autour du bien être ? » L.

 – «En quoi la mise en mouvement de la structure corporelle peut-elle apporter un équilibre émotionnel ? » Chl. S.

– « En quoi la pratique de la gh peut-elle restaurer le corps en agissant sur une réduction des douleurs ?  » V.C.

–  » En quoi sortir de la peur de l’échec est favorable à un retournement porteur de nouvelles aptitudes ? « AM.B.

– « Comment valoriser la dynamique de la répétition en gh comme levier potentiel d’une tension à une détente  » M.P.

– «  … »

Une force inspirante entre le langage du corps et le langage des mots pousse à lever les ressentis, à faire tourner les certitudes, à changer les perceptions, à relier les observations entre elles, à jouer à perdre l’équilibre, à le retrouver dans l’écriture d’un texte parlant de son corps.

Dans ces travaux de recherche qu’en est-il  de cette force inspirante, de l’intuition et/ou de l’intention ?

Poursuivons l’analyse de cette force inspirante pour exprimer « ce qui est… » avec l’apport des consignes à envisager comme des balises à l’écriture.

Commençons par le début.

Un atelier d’écriture a son rituel. Ici, il s’ouvre et se ferme par une déambulation.

Le corps vient en premier, l’écriture raconte ensuite.

Une chance de mieux repérer cette force inspirante s’annonce.

Agnès Beaumont.

Décembre 2020.

A lire également