Aujourd’hui, c’est au nom d’un « choeur de femmes », d’ici et d’ailleurs, que nous souhaitons témoigner.

Amies de longue date, fidèles participantes à ses cours ou impliquées à ses côtés dans la formation de futurs praticiens de gh, nous avons tellement appris.

Et ce n’est pas une question de genre. Avec des rituels et des contraintes comme balises, nous sommes nombreux à avoir cheminé ensemble.

« Comment allez-vous ? Voyez où se place le mouvement de votre respiration… « 

Jackie savait être inspirante, dérangeante, troublante dans sa compréhension du corps, dans l’appréhension des possibles, des limites et plus globalement concernant le mouvement de la vie.

Chercheuse dans l’âme, elle pouvait associer rigueur et créativité, plasticité et fixité, dedans et dehors, plein et vide, doute et argumentaire, confiante et conscience… C’était sa capacité à soutenir la marge, l’inattendu, la beauté. Marcher debout.

Entre nous, naître et mourir à la même date, un 25 septembre, pousse l’exigence d’une boucle à tenir et porte à sourire non ?

«  Dans chaque épreuve, cherchez l’enseignement…« 

Avec elle, au tapis dans sa salle de gh, comme dans les gestes de la vie quotidienne, nous avons mesuré combien il s’agit d’accueillir, d’écouter pour rebondir et se sentir plus fort, plus proche de soi. Combien de fois elle a permis à l’un ou l’autre de tomber sans tomber, de recommencer et ainsi de suite pour trouver son équilibre et son libre arbitre. Une marche singulière au sens concret du terme, déroulé du pied sur terre, comme au sens symbolique d’un pas à pas dans une posture personnelle- « Chercher le passage et trouver le pas sage »- Se déplacer à notre mesure. A notre rythme.

C’est approcher une réflexion exigeante sur l’apprentissage et la quête d’autonomie. Pas seulement physiquement, mais aussi dans les mots et dans les pensées. Avancer debout.

« La séparation est une illusion ».

Jackie est « partie ». Cette séparation ne nous éloignera pas de tout ce qu’elle nous a donné et transmis. Associant respect, générosité et éthique.

Nous allons apprivoiser cette autre présence, imprévisible, illimitée, joyeuse, en gardant la force et la satisfaction des moments précieux partagés à ses côtés. C’est certain, même silencieuse, Jackie sera encore vibrante avec nous.

Nous ne pourrons pas échapper à cette ritournelle, peu anodine, « Oui, c’est possible… » qui voulait surtout nous inviter à imaginer ou faire un pas de côté, à chercher d’autres logiques, d’autres compréhensions, à trouver plus de cohérence, plus de fluidité à notre façon d’être au monde. Choisir sa route.

Une invitation à rester « ancrés » au présent. Flâneurs libres ou marcheurs méthodiques.

Une intuition à développer des perspectives dans le mouvement, souffle de vie.

Maintenant, il y a » l’après Jackie« .

Sa présence viendra éclairer notre marche.

Parce que nous marchons.

Pibrac, le 29/0920

A.B.

 

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